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Archive pour novembre 2008

Marché de Noël

Dimanche 30 novembre 2008

Depuis quelques jours, j’ai l’impression d’être dans un sweat shop d’Asie du Sud-est (OK, je ne suis pas Marseillaise, mais toute ma famille vient bel et bien du sud de la Loire).

Non seulement, il faut que je continue à assurer le quotidien, boulot, lessives, cuisine, courses, jardin, etc… Mais en plus, je suis écrasée par l’intolérable pression à la production… emoticone Enfin, façon de parler, puisqu’il s’agit d’un truc que j’adore, fabriquer des bijoux et des petits objets d’artisanat.

En fait, Katruna, l’une des femmes du cercle dont je fais partie, les soeurs des éléments, a bien voulu me faire une petite place sur le stand qu’elle va tenir en décembre, au marché de Noël de Mongeroult dans le Val d’Oise. Merciiii Katja, je t’adore! Ce qui veut dire que mes petites créations vont être exposées au regard du grrrrand public pour la première fois. Je n’ai donc que quelques jours pour présenter un stock digne de ce nom, avec un peu de choix…. D’où le sweatshop. emoticone

Vous voulez voir un échantillon du résultat? Hé bien voilà, c’est fait.

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De madame Bovary à Sex and the city

Dimanche 23 novembre 2008

Il y a quelques semaines à Miami, j’ai assisté à une conférence de Candace Buschnell, l’auteur de Sex and the city, qui présentait son nouveau livre : One Fifth street. Je crois que c’est la première fois que je vais à la présentation d’un bouquin et franchement, je ne regrette pas. Non seulement Candace Bushnell est l’un de mes auteurs contemporains favoris, mais en plus, c’était vraiment une expérience de me retrouver au milieu d’une assemblée de 200 personnes, dont quatre hommes, (les stewarts distribuant les petits fours étant compris dans le total), dans le pays même de l’auteur.

Drapée dans une robe noire sobre et juchée sur des talons sur lesquelles je ne pourrais pas rester plus de 30 secondes, Candace Bushnell aura bientôt 50 ans. Mais comme toutes ses new-yorkaises sophistiquées et « fashion icons », elle ne les paraît absolument pas. Dans sa façon de lire particulièrement imagée, on sent son passé de comédienne, mais personnellement, je me serais passée de la lecture qu’elle a faite d’un passage de son livre durant la conférence. En revanche, la session question-réponse était un must. Trop génial de l’entendre parler, avec sa voix un peu rauque, son humour décapant comme celui de ses livres, et son aisance américaine.

Elégantes -comme l’a souligné elle-même Candace Bushnell- portant la coupe de champagne et le mini macaron avec presque autant d’aisance que Carrie Bradshaw, les femmes réunies ce soir-là venaient d’horizons très différents. Il y avait une journaliste travaillant pour une agence hispanique, une Française possédant un appartement à Miami, une Péruvienne qui avait fait plus d’une heure de route pour assister à une conférence et une autre journaliste qui recueillait les impressions des unes et des autres, peut-être pour le Miami Herald.

Mais jusqu’aux reporters en service commandé pour leur publication, toutes avaient lu ses livres. Toutes avaient un commentaire à faire sur Sex and the city ou sur Lipstick jungle.

Durant la session de question-réponses, une femme a demandé à Candace Buschnell s’il y avait un message dans ses livres. L’auteure s’en est tirée avec une pirouette d’où il ressortait qu’elle était avant tout romancière et ne voulait pas étouffer la spontanéité de son inspiration. Mais si le message n’est pas calculé, il n’en demeure pas moins puissant et multiple. Les héroïnes de Candace Buschnell ne sont pas toutes faites sur le même moule. Dans Sex and the city, on découvre à travers le livre mais surtout dans la série qui en a découlé, quatre femmes dans leurs tribulations professionnelles et personnelles. Elles cherchent l’amour avec la même énergie que la dernière paire d’escarpins à la mode, jonglent entre leur carrière et leur vie perso et sont parfois maintenues à flot par la force de l’amitié qui les unit. Plus tard

Mais Candace Buschnell prête également sa plume à des héroïnes perdues sur le chemin de la libération féminine. Je me souviens qu’en découvrant Trading up, son troisième roman, j’avais immédiatement pensé à The Custom of the country (les beaux mariages en français) d’Edith Wharton, qui mettait en scène un siècle plus tôt, une héroïne dont l’ambition dévorante pousse ses compagnons au désespoir. Mais si Undine Fragg avait l’excuse de ne disposer que de peu de possibilités pour assouvir sa soif de réussite sociale, Janey Wilcox n’a pas grandi dans le même carcan social. La nature lui a donné un physique de rêve, une opportunité de devenir l’égérie d’une marque de lingerie mondialement connue, lui a permis de transformer en un coup de baguette magique une carrière de mannequin ratée en une reconnaissance dans son métier et une petite fortune. Elle a les moyens d’être indépendante financièrement, de mener sa vie comme bon lui semble et peut-être de redonner un peu de la prospérité qu’elle a reçue à autrui. Mais au lieu de cela que fait-elle ? Elle poursuit sans relâche sa quête de toujours plus : toujours plus

J’ai beau retourner sa façon de penser dans tous les sens dans ma tête, je ne peux pas imaginer que l’on puisse raisonne ainsi. Janey Wilcox est-elle un monstre ? Ce serait facile de penser ainsi.  Mais Wilcox n’est pas une exception. Et peut-être devrions-nous nous interroger sur la façon dont nous éduquons nos filles ? Quel message passons-nous ? Quelles valeurs leur mettons-nous dans la tête ?

C’est un vaste sujet et je crois qu’il fera l’objet d’un autre post. Parce que J’ai également envie de parler des rites de passage. Et cela aussi, c’est un sujet à lui tout seul.

Goodbye Mao

Samedi 22 novembre 2008

Je n’ai pas connu la Chine d’avant. Celle des vélos, de Mao et du petit livre rouge. Il y a quatre mois, je n’avais jamais mis un doigt de pied sur le territoire de l’Empire du milieu. Et je dois reconnaître qu’après plus de cinq semaines passées entre Pékin et Shanghai depuis le mois d’août, la Chine nouvelle me terrifie totalement.

Avant-hier en me baladant dans cette marée grouillante d’acheteurs affamés, passant frénétiquement d’un Centre Commercial surgi de terre la veille à celui achevé il ya une semaine, j’avais envie de leur crier : « arrêtez, c’est fini tout cela, la consommation à outrance c’est dépassé. Nous essayons d’en revenir en occident, alors que nous avons pris des habitudes d’enfants gâtés depuis bien trop longtemps. Et en plus, vous êtes beaucoup trop nombreux pour que la planète puisse vous fournir les ressources nécessaires au mode de vie que vous êtes en train d’adopter à toute vitesse. »

Parfois, je me dis que l’humanité est un cancer. Il a été diagnostiqué depuis quelques décennies dans les contrées occidentales, mais les cellules malignes ont voyagé grâce à l’explosion du transport aérien, transportant notre mode de vie de consommateurs gloutons dans des contrées où elles se reproduisent de façon exponentielle. Et aucune rémission n’est en vue.

Shanghai est une ville proprement terrifiante pour toute personne un tant soit peu écologiquement responsable. Jour et nuit, on y démolit sans états d’âmes, soit des hutongs, maisons d’autrefois et derniers vestiges du mode de vie traditionnel chinois, soit des bâtiments obsolètes qui ont à peine 10 ans, mais qui ont été construits tellement n’importe comment qu’on dirait qu’ils ont fait la guerre sino-soviétique. A la place, on construit des tours. Toujours plus hautes, toujours plus luxueuses, toujours plus tape à l’œil. En verre de préférence, comme ça le soleil peut taper joyeusement durant les mois d’été caniculaires. Et comme ça on utilise trois fois plus de clim. Peut-être n’existe-t-il pas d’idéogramme chinois pour dire « effet de serre ».

Mais après douze jours passés dans l’empire de la consommation furieuse, je serais malhonnête en ne reconnaissant pas que j’ai contribué très modestement à la prospérité du dragon Chinois. Et que j’ai rapporté quelques jolies bricoles dans mes valises. Noël approche… Et je sais également que je prendrais bien soin de chaque objet et que la petite trousse en soie chinoise qui protège mes boucles d’oreilles sera encore dans mes tiroirs dans sept ou huit ans. C’est peut-être aussi cela la consommation responsable. Cela ne signifie pas forcément se priver d’une petite chose qui fait plaisir ou d’un petit souvenir vers quelqu’un qui n’a pas fait la chance d’avoir vu la Chine en trois dimensions. On peut également voir chaque objet comme un cadeau offert par la planète. Et le considérer comme d’autant plus précieux. C’est pour cela que je porte les mêmes bracelets en pierres semi-précieuses depuis dix ans, en remplaçant régulièrement les élastiques quand ils s’usent et je n’éprouve pas le besoin d’en acheter de nouveaux quand la mode de la forme des perles change.

En revanche, les douaniers peuvent fouiller mes bagages de fond en comble. Pas le moindre petit porte-monnaie Vuitton. La fureur de contrefaçon qui sévit en Chine m’a parfois donné envie de vomir. Je ne défends pas les intérêts de marques de luxe qui entassent les millions, mais la propriété intellectuelle de la création. Et sur celle-ci, les Chinois s’assoient allégrement.

Modèles féminins?

Samedi 22 novembre 2008

 De quels modèles peuvent s’inspirer les femmes d’aujourd’hui?

Et quels sont ceux auxquels je me réfère? 

L’autre jour, alors que je tapotais sur mon clavier pour me livrer à l’exercice des pages matinale prônées par Libérez votre créativité de Julia Cameron -destiné aux artistes bloqués – cette question m’a traversé l’esprit:

Quels sont mes modèles? En tant que femme, à quel mythe puis-je me vouer?

Les réponses ne se sont pas vraiment bousculées.

J’ai commencé par explorer ceux les différents pseudonymes que j’emploie sur internet et dans lesquels je serais censée me reconnaître.

Alors, Perséphone, qui passe la moitié de l’année aux enfers pour rendre visite à papa?

Ou Cassandre de Troie, splendide princesse-prêtresse prophétesse vouée à l’incompréhension dans une ville promise la destruction?

Ou encore Atalanta, mon pseudo favori, une princesse athlète élevée dans les montagnes par les Amazones, dont j’apprécie et qui a fini par épouser un homme dont elle ne voulait pas parce qu’elle s’est penchée pour ramasser une pomme dorée (ça vous rappelle vaguement quelque chose à vous aussi?)

J’aime lire et écrire, ce n’est un secret pour aucun de ceux qui me côtoient. La littérature devrait m’offrir pléthores d’écrivaines à l’existence et aux ouvrages chargés d’inspiration et d’encouragements. Alors, Emily Brontë, qui a écrit mon roman préféré mais n’a vécu que par le truchement de sa plume? Ou, Edith Wharton, mon écrivain fétiche qui fut la première femme à recevoir le prix Pulitzer, mais certainement pas la dernière prête à échanger secrètement tout son talent littéraire contre des attraits féminins éphémères? Peut-être n’ai-je pas encore posé la main sur les bons volumes? Depuis que les médias ont largement célébré le centenaire de sa naissance, je n’arrête pas de me dire que je devrais lire le deuxième sexe et partir à la découverte de Simone de Beauvoir.

L’histoire du monde devrait regorger d’héroïnes dont l’existence et les idéaux m’inspirent. Jeanne d’Arc, héroïne très chrétienne mais grillée sur le bûcher comme une sorcière avant son 20ème anniversaire? De quoi décourager les meilleures volontée. Cléopâtre, qui a mis sa séduction au service de l’Etat ? Elle a fini par se suicider. Boudicca a été torturée et ses filles, violées. Hatchepsout – la seule femme qui ait eu le culot de ceindre la double couronne en 3000 ans de civilisation pharaonique- a vu ses cartouches martelés par son successeur, Thoutmôsis III. L’histoire n’est pas tendre avec les femmes qui sortent du rang. C’est peut-être pour cela qu’Elizabeth 1ère d’Angleterre a exercé le pouvoir avec une telle force qu’elle n’a trouvé personne avec qui le partager.

Si je me place dans mon époque, les femmes de valeurs, ceux que les anglo-saxons appellent les « role models », ne manquent pas. J’ai la chance d’être née avec le yéyé, d’avoir entendu mes parents discuter du droit de la femme à venir travailler en pantalon et que Simone Veil ait veillé à ce que j’ai le droit de mettre fin à une grossesse non désirée, des années avant que je sois en mesure de me poser la question. Simone Veil, justement, est un exemple. Elle a échappé aux camps, elle est Française comme moi (une nationalité que je chéris) et j’ai eu la chance d’être témoin de son action. J’avais 10 ans quand l’avortement a été légalisé en France grâce à elle. Ce n’est pas si loin que cela et maintenant, je ne peux pas ouvrir un magazine féminin « sérieux » sans entendre parler d’un gouvernement qui tente de limiter l’accès des femmes à l’avortement. Il y a aussi toutes ses femmes nées dans des pays musulmans radicaux et qui se battent pour leur liberté et celles de leurs semblables. Ecrivaines, députés, elles risquent parfois leur vie pour avoir brisé la loi du silence.

Enfin, il y a les héroïnes de fiction. Peut-être en raison de la profession que j’exerce, j’ai toujours eu un faible pour Lois Lane. J’admire son impétuosité et son talent inégalable pour mettre sa vie en danger à chaque fois qu’elle coure après un bon sujet… Mais risquer sa vie pour faire la une du Daily Planet est certainement moins effrayant lorsqu’il suffit d’appeler Superman à son secours pour être sauvée instantanément, le baptême de l’air étant souvent compris dans le package. Buffy (inteeeerrrdiction de rire), personnage hautement réjouissant et totalement attendrissant créé par Joss Whedon. Evidemment, la petite blonde de 50 kg qui réduit les méchants vampires en poussière, j’ai adhéré à fond.

Et puis, grâce à Marion Zimmer Bradley, j’ai vibré pendant 500 pages avec Morgane, cette prêtresse à la féminité archaïque et païenne, à laquelle sa vie sentimentale contrariée n’a rien enlevé de sa substance et de sa droiture.

Mais si j’admire beaucoup de ces femmes, réelles, mythiques ou fictives, la question est : avec laquelle aurais-je envie d’échanger ma vie ?