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Le féminisme est-t-il soluble dans la bière australienne? (chroniques d’Oz, chapitre 4)

Sur le plan de la condition féminine, lAustralie -dont la bière est un signe de reconnaissance de la culture masculine- na pas exactement une bonne réputation. Il y a quelques années en revenant de là bas, javais discuté dans lavion avec un groupe dingénieurs français qui avaient collaboré avec une société française. Une femme figurait parmi les ingénieurs français et elle s’était plainte que les Australiens ne sadressaient qu’à ses collègues de sexe masculin et ignoraient quasiment sa présence. 

Les années ont passé mais alors quen France, jai parfois limpression que le terme de féministe a pris une consonance péjorative, depuis presque trois semaines que je suis arrivée en Australie cette année, il ne se passe quasiment pas un jour sans que lun des journaux que je feuillette, ne développe un thème autour de la condition féminine, qu’il s’agisse d’un hommage pionnière du féminisme en Australie ou encore de linjustice du traitement médiatique dont sont victimes les politiciennes par rapport à leurs homologues masculins.  Si beaucoup d’articles font justement état des disparités de traitement entre les deux sexes et du chemin qu’il reste à parcourir, le thème est de toute évidence sur le grill au pays des kangourous. 

Cest ainsi que jai découvert avec une certaine émotion sur une double page dun supplément de week-end de The Age, quotidien de référence à Melbourne, la destinée insolite dun peintre australien du début du XXème siècle, Hilda Rix Nicholas . Ou que jai appris à travers un sondage publié dans le Herald Sun le tabloïd de la même ville- que la majorité des Australiens (mais pas des Australiennes) n’étaient pas plus choqués que cela par les infidélités répétées de Tiger Woods.  Le lendemain, dans le même journal, une pluie de lettres déchirait les propos tenus la veille dans les mêmes colonnes par un politicien, Tony Abott, qui se faisait lavocat de labstinence avant le mariage… Enfin surtout les femmes dont la virginité est un « bien si précieux ». Depuis les éditoriaux se renvoient la balle pour réagir sur les propos toxiques du politicien

Dans les mêmes pages, jai également été heureuse dapprendre que le gouvernement fédéral menait une campagne musclée dans les rangs de la Marine, univers chargé de testostérone, pour quil devienne plus accueillant pour les femmes, qui démissionnent en masse paraît-il. Un autre article a fait état des résultats dune récente étude réalisée en Espagne autour de la culpabilité éprouvée par l’être humain, qui révèle que celle-ci est ressentie de façon beaucoup plus intense par les femmes, dont le système immunitaire est ainsi plus menacé. Une étude guère plus rassurante que celle réalisée l’année dernière aux Etats-Unis, qui révèle que les femmes sont globablement moins heureuses que dans les années 70 -quels que soient leurs choix de vie, mères ou non, mariées ou pas, travaillant ou restant à la maison- et suggère que cette tendance ne s’applique pas qu’aux Etats-Unis, mais également à d’autres pays. Celles qui tentent de jongler entre carrière et famille ont certainement des motifs d’instisfaction en Australie. Une enquête de the Age a en effet révélé récemment que les conseils d’administration de plus importantes sociétés australiennes ne comptaient que 8% de femmes dans leurs effectifs et que le pourcentage -inférieur à celui des Etats-Unis 15,2% et à la moyenne européenne, 9,7%- est en baisse depuis 2006. Quelques jours avant, le Daily Telegraph australien avait consacré quasiment une double page à un éditorial qui démontrait que les femmes récoltaient rarement les fruits de leur travail. L’éditorialiste se penchait notamment sur les cas de deux politiciennes Australiennes. La première ayant fini par démissionner de son poste pour « raisons familiales », alors que la seconde, célibataire sans enfants, était perpétuellement attaquée pour cette raison.

Et si les journaux ne suffisaient pas à nourrir ma réflexion, il y a quelques jours dans l’ascenceur de l’hôtel, j’ai croisé un couple dont l’homme portait un tee-shirt avec l’image ci-dessous.

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Pour terminer le tour dhorizon, l’éditorial dune journaliste mère de famille en croisade contre les contes de fées dans un supplément du week-end de The Age, ma tellement interpelée que jai décidé quil valait bien un post à part. Tout comme la grande fascination des Australiens pour les Cougars (qui nest supplantée que par celle pour la nourriture), la diffusion imminente de la série Cougars Town étant un prétexte rêvé pour sadonner à ce coupable plaisir. A venir donc la femme et la princesse des contes de fées et les « prédatrices » de chair fraîche masculine. 

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