La sorcière sur grand écran

L’année dernière dans ce sujet, j’avais fait un petit tour d’horizon de la représentation de la sorcière dans les séries télévisées. Voici maintenant un petit voyage chez les sorcières du grand écran, plus anciennes et parfois plus contrastées.

Longtemps la sorcière a revêtu sur grand écran la cape sombre et unidimensionnelle dont aura bien voulu la ceindre Walt Disney, librement inspiré par les contes qui ont bercé ou affolé notre enfance. Quelques films ici et là, ont bien abordé le thème sous un angle différent, qui à l’instar du petit écran, a considérablement évolué depuis une trentaine d’année. Il serait impossible d’être exhaustif en la matière, mais quelques long-métrages ont marqué les esprits à des degrés différents. Il y a eu notamment cette adaptation libre de la pièce d’Arthur Miller The crucible, réalisée à partir d’un scénario conçu par Jean-Paul Sartre. Ainsi, Les sorcières de Salem sort en France en 1957, avec Simone Signoret et Yves Montand, ainsi que Mylène Demongeot dans le rôle d’Abigail . Comme l’adaption réalisée beaucoup plus tard à Hollywood avec Daniel Day Lewis et sous le titre original de « The crucible », le film met en scène la vision de Miller des fameux procès qui ont secoué la colonie puritaine du Massachussets en 1692.

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A l’instar de Ma femme est une sorcière tourné aux Etats-Unis par le réalisateur français René Clair en 1942, Adorable voisine (Bell, Book and candle) avec James Stewart et Kim Novack, donne dans un registre plus léger. Le film est adapté d’une pièce jouée à Broadway à partir de 1950 et l’héroïne Plus proche de la Samantha de ma sorcière bien-aimée, Mais depuis la grande révolution culturelle des années 70, la sorcière qui traverse ou s’installe dans les salles obscures, a progressivement adopté de nouveaux visages. Et sur la fin des années 80, la sorcière s’offre un lifting à Hollywood grâce à une comédie grinçante, servie par quatre comédiens hors pair : Les sorcières d’Eastwick (87). Ambivalent, le film met en scène trois copines menacées de mourir d’ennui dans une petite ville de province américaine. Jusqu’au jour où débarque un mystérieux inconnu, Darryl, incarné par le cultissime Jack Nicholson… Les sorcières d’Eastwick est l’un des films traitant de sorcières qui a remporté le plus grand succès sur les écrans. Vingt-deux ans plus tard, une série a vu le jour, dont la diffusion a débuté début octobre sur la chaîne américaine ABC. Les audiences étant insuffisantes, la production de la série sera arrêtée après les 13 premiers épisodes. Le concept, que j’avais évoqué dans un post précédent, n’aura donc pas subi avec succès le transfert du grand au petit écran.

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Mais dans les salles, La sortie des Sorcières d’Eastwick a marqué le début d’une nouvellle époque. En 1997, le public français découvre Un amour de sorcière, dont Vanessa Paradis est l’héroïne. Cette comédie française méconnue mais enlevée donne également de la sorcière une image renouvelée. Morgane est une jeune femme à l’esprit libre une touche bohémienne, qui entend prendre son destin en main, même si celui-ci lui joue quelques tours. Elle partage avec Sally et Gillian Owens, dont les aventures apparaîtront l’année plus tard dans les salles dans Les ensorceleuses, le fait de répondre d’une filiation sur laquelle pèse une malédiction. Alors que Morgane est la dernière bonne sorcière dans un monde où la magie se meurt, Sandra Bullock et Nicole Kidman, les sorcières séduisantes et réticentes de l’adaptation du roman d’Alice Hoffman possèdent deux mentors familiaux en la personne de leur tantes. Si l’ambiance peut virer parfois au Maléfique et que les rituels sombres comme celui pour rescussiter les morts, rampent dans leurs tiroirs à secret, les ensorceleuses offrent une image nettement plus contemporaine et très « cottage witch » de la sorcière. Les deux sorcières et leurs tantes, toutes aussi sorcières, habitent dans un bijou de maison. L’activité exercée par Sandra Bullock sur la deuxième partie du film, où elle a ouvert une boutique dans laquelle elle vend des lotions, cosmétiques et produits pour le bain, ne serait pas reniée par la plupart des néo-païennes emoticone.

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Plus sombre, The craft -dont le titre officiel était Dangereuse alliance en français- est pourtant un film culte de beaucoup dadolescentes. Au départ, trois, puis quatre copines s’essaient ensemble à la magie. Mais l’ivresse de la puissance leur monte à la tête, jusqu’à ce qu’elles finissent par se retourner sur l’une d’entre elles. Porté par Bette Midler et Sarah Jessica Parker, Hocus Pocus (1993)  reprend le thème de la trilogie de sorcières en s’appuyant sur l’incontournable ville maudite: Salem. Lorsqu’en 1994, trois étudiants enquêtant dans le Maryland aux Etats-Unis sur une légende locale et la disparition d’enfants, s’évanouissent à leur tour dans le néant. Retrouvés l’année suivantes, leurs films seront montés pour aboutir au fameux Blair Witch Project, un documentaire donc et non une fiction.

Enfin, sortis dans le bruit et la fureur provoqués par le succès des livres, les six films tirés de la saga de JK Rowling avec son héros désormais universellement célèbre Harry Potter, ont eu une influence telle que le terme de moldu par exemple, est passé dans les moeurs. Mais si le gentil sorcier créé par JK Rowling est un personnage incontournable de popculture, c’est tout de même à la littérature et donc à un prochain post Clin doeil sur le thème de la sorcière dans la littérature qu’appartient son univers.

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