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Archive de la catégorie ‘Mille pages, melodies et images’

La sorcière sur grand écran

Mercredi 24 mars 2010

L’année dernière dans ce sujet, j’avais fait un petit tour d’horizon de la représentation de la sorcière dans les séries télévisées. Voici maintenant un petit voyage chez les sorcières du grand écran, plus anciennes et parfois plus contrastées.

Longtemps la sorcière a revêtu sur grand écran la cape sombre et unidimensionnelle dont aura bien voulu la ceindre Walt Disney, librement inspiré par les contes qui ont bercé ou affolé notre enfance. Quelques films ici et là, ont bien abordé le thème sous un angle différent, qui à l’instar du petit écran, a considérablement évolué depuis une trentaine d’année. Il serait impossible d’être exhaustif en la matière, mais quelques long-métrages ont marqué les esprits à des degrés différents. Il y a eu notamment cette adaptation libre de la pièce d’Arthur Miller The crucible, réalisée à partir d’un scénario conçu par Jean-Paul Sartre. Ainsi, Les sorcières de Salem sort en France en 1957, avec Simone Signoret et Yves Montand, ainsi que Mylène Demongeot dans le rôle d’Abigail . Comme l’adaption réalisée beaucoup plus tard à Hollywood avec Daniel Day Lewis et sous le titre original de « The crucible », le film met en scène la vision de Miller des fameux procès qui ont secoué la colonie puritaine du Massachussets en 1692.

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A l’instar de Ma femme est une sorcière tourné aux Etats-Unis par le réalisateur français René Clair en 1942, Adorable voisine (Bell, Book and candle) avec James Stewart et Kim Novack, donne dans un registre plus léger. Le film est adapté d’une pièce jouée à Broadway à partir de 1950 et l’héroïne Plus proche de la Samantha de ma sorcière bien-aimée, Mais depuis la grande révolution culturelle des années 70, la sorcière qui traverse ou s’installe dans les salles obscures, a progressivement adopté de nouveaux visages. Et sur la fin des années 80, la sorcière s’offre un lifting à Hollywood grâce à une comédie grinçante, servie par quatre comédiens hors pair : Les sorcières d’Eastwick (87). Ambivalent, le film met en scène trois copines menacées de mourir d’ennui dans une petite ville de province américaine. Jusqu’au jour où débarque un mystérieux inconnu, Darryl, incarné par le cultissime Jack Nicholson… Les sorcières d’Eastwick est l’un des films traitant de sorcières qui a remporté le plus grand succès sur les écrans. Vingt-deux ans plus tard, une série a vu le jour, dont la diffusion a débuté début octobre sur la chaîne américaine ABC. Les audiences étant insuffisantes, la production de la série sera arrêtée après les 13 premiers épisodes. Le concept, que j’avais évoqué dans un post précédent, n’aura donc pas subi avec succès le transfert du grand au petit écran.

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Mais dans les salles, La sortie des Sorcières d’Eastwick a marqué le début d’une nouvellle époque. En 1997, le public français découvre Un amour de sorcière, dont Vanessa Paradis est l’héroïne. Cette comédie française méconnue mais enlevée donne également de la sorcière une image renouvelée. Morgane est une jeune femme à l’esprit libre une touche bohémienne, qui entend prendre son destin en main, même si celui-ci lui joue quelques tours. Elle partage avec Sally et Gillian Owens, dont les aventures apparaîtront l’année plus tard dans les salles dans Les ensorceleuses, le fait de répondre d’une filiation sur laquelle pèse une malédiction. Alors que Morgane est la dernière bonne sorcière dans un monde où la magie se meurt, Sandra Bullock et Nicole Kidman, les sorcières séduisantes et réticentes de l’adaptation du roman d’Alice Hoffman possèdent deux mentors familiaux en la personne de leur tantes. Si l’ambiance peut virer parfois au Maléfique et que les rituels sombres comme celui pour rescussiter les morts, rampent dans leurs tiroirs à secret, les ensorceleuses offrent une image nettement plus contemporaine et très « cottage witch » de la sorcière. Les deux sorcières et leurs tantes, toutes aussi sorcières, habitent dans un bijou de maison. L’activité exercée par Sandra Bullock sur la deuxième partie du film, où elle a ouvert une boutique dans laquelle elle vend des lotions, cosmétiques et produits pour le bain, ne serait pas reniée par la plupart des néo-païennes emoticone.

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Plus sombre, The craft -dont le titre officiel était Dangereuse alliance en français- est pourtant un film culte de beaucoup dadolescentes. Au départ, trois, puis quatre copines s’essaient ensemble à la magie. Mais l’ivresse de la puissance leur monte à la tête, jusqu’à ce qu’elles finissent par se retourner sur l’une d’entre elles. Porté par Bette Midler et Sarah Jessica Parker, Hocus Pocus (1993)  reprend le thème de la trilogie de sorcières en s’appuyant sur l’incontournable ville maudite: Salem. Lorsqu’en 1994, trois étudiants enquêtant dans le Maryland aux Etats-Unis sur une légende locale et la disparition d’enfants, s’évanouissent à leur tour dans le néant. Retrouvés l’année suivantes, leurs films seront montés pour aboutir au fameux Blair Witch Project, un documentaire donc et non une fiction.

Enfin, sortis dans le bruit et la fureur provoqués par le succès des livres, les six films tirés de la saga de JK Rowling avec son héros désormais universellement célèbre Harry Potter, ont eu une influence telle que le terme de moldu par exemple, est passé dans les moeurs. Mais si le gentil sorcier créé par JK Rowling est un personnage incontournable de popculture, c’est tout de même à la littérature et donc à un prochain post Clin doeil sur le thème de la sorcière dans la littérature qu’appartient son univers.

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Le conflit entre la femme et la mère, selon Elizabeth Badinter

Lundi 15 mars 2010

Le conflit, la mère et la femme, l’essai d’Elizabeth Badinter qui vient de paraître chez Flammarion, fait beaucoup de bruit. Les divers articles que j’ai lus dans les journaux ici et là m’ont donné envie d’en savoir plus et sa lecture s’est avérée très enrichissante.

Inutile de le rappeler, il s’agit là d’un sujet extrêmement délicat. Dans cet essai Elizabeth Badinter antagonise certains aspects de la révolution écologique avec les acquis du féminisme. Elle développe notamment très longuement les « commandements » de
la Leche League, cette organisation mondiale préconisant avec vigueur l’allaitement des bébés. Sous sa plume, les préceptes de la Leche League prennent même une ferveur quasi religieuse. Lorsque l’on apprend que selon la Leche League une « bonne mère » devrait rester à la maison trois ans après la naissance de chaque enfant, on est évidemment en droit de se demander comment une mère de plusieurs enfants peut avoir la moindre chance de se construire une carrière dans le contexte actuel du monde du travail, si tant est que celle de mère ne suffise pas à son épanouissement personnel. Le quotidien Libération a d’ailleurs ouvert très largement ses colonnes, à travers des témoignages de mère allaitante et un article sur la Leche League.

Cet essai pourrait passer pour une charge féroce anti-maternité et un brûlot émanant d’un féminisme radical. Mais je ne trouve pas que ce soit le cas. Elizabeth Badinter développe certes des idées qui vont un peu à l’encontre des courants actuels, et le cri d’alarme qu’elle lance sur les possibles dangers pour la condition féminine de l’utilisation des couches lavables, des exigences liées au respect de l’environnement ou à un maternage frisant le dogmatisme, pourront heurter certaines d’entre nous, « vertes » convaincues et mère attentives. Mais son discours n’est pas sans fondement. 

L’auteur souligne également les différences entre la France et un certain nombre de pays européens, quant à la façon dont les femmes appréhendent leurs responsabilités maternelles. Se basant sur un certains nombre d’études, Elizabeth Badinter est convaincue que la capacité des Françaises à sauter le pas de la maternité -supérieur à celle de beaucoup de pays européens- est directement lié au fait que nos compatriotes sont plus imperméables à la pression exercées sur elles pour être des mères « parfaites ». Une pression qui dans certains pays comme l’Angleterre, pousseraient une proportion de femmes non négligeable, un quart environ, à renoncer tout simplement à avoir des enfants.  Concernant l’instinct maternel plus spécifiquement, dont Elizabeth Badinter conteste depuis longtemps l’existence, j’ai trouvé que  le point de vue de l’anthropologue américaine Sarah Blaffer Hrdy, valait un petit détour.

Mais la lecture de ce bouquin m’a inspiré une autre rélexion, que je développerai peut-être dans un autre post.  Presque à chaque fois que je prends connaissance de l’intervention d’une « papesse » du féminisme en France,  une Elizabeth Badinter, une Benoîte Groult ou une Simone Veil il s’agit souvent au moins d’une septuagénaire, l’une des femmes de la génération des féministes conquérantes qui a oeuvré activement dans les années 70 pour obtenir les droits dont nous bénéficions toutes aujourd’hui. Mais je n’ai pas vraiment l’impression que ces femmes auxquelles on doit tant, aient des héritières en France. Ou alors elles sont nettement plus discrètes et moins visibles médiatiquement. Beaucoup de femmes se battent au quotidien pour les droits de leur semblables, mais il manque peut-être quelques figures de proue. Si elles m’ont échappé, j’espère les croiser bientôt.

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Huit toiles pour célébrer la femme

Lundi 8 mars 2010

Un petit cadeau pour célébrer la journée de la femme, de la part de la toquée de cinoche que je suis. 8 films à découvrir pour ce 8 mars ou à revoir si vous les connaissez déjà, parce que chacun à sa façon parlent de nous et nous parlent, même s’ils nous font parfois sortir nos mouchoirs Triste.

Thelma et Louise. Incontournabe. La patte de Ridley Scott sur un sujet inattendu. Une agression, puis un homicide entraîne deux femmes ordinaires en virée dans une fuite en avant. Geena Davis et Susan Sarandon sont éblouissantes, Brad Pitt y a gagné son statut de star et de sex symbol en exhibant ses plaquettes de chocolat.

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Peggy Sue s’est mariée. Un Francis Ford Coppola méconnu, où Kathlyn Turner évolue dans un registre différent aux côtés de Nicolas Cage. Sensibilité et nostalgie, sur fond d’une petite promenade dans le temps sont au programme de cette comédie, qui n’a rien d’une grosse machine de science fiction.

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Beignets de tomates vertes. Ce petit budget a connu un joli succès en salles lorsqu’il est sorti en 1991. Tiré du roman éponyme de Fannie Flagg, qui est à mon avis beaucoup moins bien structuré que l’adaptation sur écran, Beignets de tomates vertes peut intriguer ou rebuter par son titre. Mais c’est un bijou à découvrir avec une Jessica Tandy émouvante, une Kathy Bates révélée et une Mary Stuart Masterson qui a trouvé là l’un de ses meilleurs rôles.

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Le fantôme de Sarah Williams. Elle était une activiste politique aux convictions passionnées, il se cherchait encore. Elle a péri pour sa cause, alors que lui s’est lancé dans un carrière politique. En pleine campagne pour le sénat, le fantôme de son amour défunt vient le hanter, au moment où ressurgissent toutes les interrogations autour de son éthique et ses convictions à lui. Intense et attachante, Jennifer Connelly vit pleinement son personnage et Billy Crudup finit par nous donner des doutes. Est-elle vraiment morte?

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Rencontre à Wicker Park. Une trahison, un malentendu et deux vies s’éloignent. Mais le destin joue parfois des tours surprenants.

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Virgin Suicides. Premier film de Sofia Coppola et également premier volet de sa trilogie d’adolescentes, Virgin suicides n’a rien d’une bluette pour adolescentes. Poignant et tragique, on en sort chamboulée. A éviter pour les soirées de déprime.

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August Rush. Un enfant abandonné, surdoué de la musique est persuadé que s’il joue, ses parents vont l’entendre. Kerri Russel est touchante dans son personnage de musicienne et Jonathan Rhys Meyers très différent de l’autorité sanglante qu’il dégage en Henri VIII dans la série des Tudors.

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Comment épouser un millionaire. Pour terminer sur une note plus légère et avec un petit clin d’oeil, cette comédie hollywoodienne est toujours aussi désopilante. A déguster sans modération et contrairement à Virgin suicides, à sortir des étagères les jours de déprime Clin doeil.

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Entre Cougars et princesses de contes de fées (Chroniques d’Oz, chapitre 5)

Dimanche 14 février 2010

A ses heures, l’Australien sait être écologiste. L’une des espèces -pas exactement menacée- dont le sort le préocuppe le plus dernièrement semble être le cougar. Pour celles qui ne sont pas encore familiarisées avec ce terme peu répandu en France, mais courant chez les Anglo-saxons, le cougar -en référence au nom anglais du puma- est une façon plus ou moins péjorative de désigner une femme ayant dépassé les 35 ou 40 ans (selon les sources), qui « chasse » lhomme plus jeune quelle, bousculant les conventions sociales qui veulent qu’un couple soit constitué par une femme et un homme de son âge ou.. plus âgé. Mais surtout pas le contraire. 

Institutionalisée il y a plusieurs siècles par des personnages historiques marquants comme Catherine II de Russie, la chasse au « cub » -ou lionceau en français- est aujourd’hui pratiquée avec succès par certaines « people ». Les plus connues sont Madonna associée depuis son divorce davec Guy Richie déjà de 10 ans son cadet à un manne quin de 27 ans son cadet- Demi Moore, mariée à un Ashton Kutcher qui lui rend 17 ans, ou encore Susan Sarandon, qui partageait jusqu’en 2009 la vie de Tim Robbins, qui a 12 ans de moins qu’elle.

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Mais ce qui a récemment attisé l’intérêt des Aussies pour ce phénomène de société est le battage autour du lancement sur les antennes nationales de la série Cougar town. Courteney Cox, une des anciennes friends, en est la vedette. N’ayant vu aucun épisode, je ne porterai pas de jugement définitif sur la série elle-même, sinon que les quelques extraits auxquels je n’ai pu échapper étant donné le martelage de la promotion, m’ont semblé navrants de bêtise et de clichés. Et il semble qu’avec beaucoup plus d’informations que moi, la journaliste de Sunday Life supplément de Week end de The Age -qui s’est fendue d’un article de quatre pages sur le sujet, couverture à l’appui- soit parvenue à des conclusions encore plus sévères que les miennes.

 « Je me demande si la colère contre les cougars est un effet secondaire de la visibilité grandissante de femmes plus âgées dans des positions d’autorité« , s’interroge Emily Nussbaum, qui après avoir apprécié le personnage débridé de Samantha dans Sex and the City, reste sceptique devant Jules, celui incarné par Courteney Cox dans Cougar Town. Mais alors que Sex and the city était une émanation des chroniques de Candace Buschnell dans le New York Observer, Cougar Town est celle d’un univers hollywoodien encore très masculin, ainsi que le rappelle ce récent article du New York Times.

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Pendant que les adultes jalousent, craignent ou ridiculisent les cougars, les petites filles se lovent dans un bain de « rose princesse », avec le plus grand des délices. Aux traditionnels contes de fées dont notre enfance a été bercée, s’est ajoutée la culture princesse, instrument marketing habilement dirigé vers les petites filles. Et dont certaines mères, comme Mia Freedman, une chroniqueuse du même Sunday life, s’émeuvent. « Pourquoi les personnages féminins des contes de fée n’ont-elles ni job, ni amis, ni talents ou capacités particulières?« , interroge-t-elle dans une réflexion que l’on peut retrouver ici, sur son site mamamia.   »Pourquoi chaque femme doit nécessairement être sauvée par un prince? Pourquoi ne peuvent-elles pas se sauver toutes seules? »

Mia Freedman évoque également l’image corporelle véhiculée par la représentation de ces princesses, à la minceur irréelle: « Elles donnent l’impression que les mannequins que l’on voit dans les magazines sont obèses« , ironise-t-elle. Le sujet de cette minceur avait d’ailleurs été abordé dans ce post par un chroniqueur, dont le blog est publié sur le site de l’hebdomadaire américain Newsweek et il a eu provoqué tellement de réactions qu’une suite a été publiée.

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Les questions posées par Mia Freedman, personnalité de son pays la plus suivie sur Twitter, sont légitimes. Depuis la révolution des années 70, la place de la femme dans la société a considérablement changé. Mais pas les contes de fée. Pas les histoires que l’on met dans la tête des petites filles, abondamment relayées par un merchandising à la fois séduisant et agressif, qui tient lieu d’amplificateur. La chronique de Mia Freedman m’a poussée à revisiter mon enfance et le rapport que j’avais moi-même développé avec les contes de fée à l’époque où j’avais l’âge de m’y intéresser. Je me suis toujours demandé pourquoi les personnages de princesse n’étaient pas ceux par lesquels j’étais attirée. J’étais désolée pour la belle au bois dormant et son long sommeil, mais j’avais surtout envie de chiper sa cape et son beau costume noir à Maléfice, la méchante fée. Lorsque j’ai découvert le film de Jacques Demy Peau d’âne, j’ai suivi avec intérêt la vie solitaire de Peau d’âne, cachée dans sa petite cabane dans la forêt. Mais c’était plutôt à sa marraine la fée -esprit libre drapée dans des robes vaporeuses qui n’entravaient pas ses mouvements- à laquelle j’avais envie de ressembler. 

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Peut-être suis-je une exception, mais peut-être pas. Dans ses contes qui farcissent la tête des petites filles, le shéma est quasi incontournable: une jolie princesse en danger est sauvée par un beau prince en dépit des agissements néfastes d’une ou plusieurs méchantes sorcières. Et l’unique route du bonheur est indiquée par un panneau:  »ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». On peut évidemment espérer que le message réducteur ne persistera pas de la petite fille à l’adolescente, mais il serait évidemment plus simple d’offrir aux petites filles une plus grande variété de mythes sur lesquels construire leur identité.

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Brigitte, un magazine féminin en quête d’authenticité (chroniques d’Oz, chapitre 2)

Jeudi 28 janvier 2010

Ce nest certainement pas un hasard. Mais à chaque fois que je pose le pied en Australie, je tombe sur un article dans un quotidien local, qui vante les mérites dun magazine féminin différent, sadressant à la femme et non à la consommatrice. Et mettant en avant des femmes de la rue et non pas des mannequins parfois à la limite de lanorexie. Et comme cest un sujet qui me tient à cœur, je ne manque généralement pas den faire le relais.

Lannée dernière, javais parlé dans ce post dIndigo , un magazine destiné aux adolescentes et qui avait vu le jour grâce à linitiative dun groupe de femmes de lEtat de Victoria en Australie. Cette année, cest le magazine Allemand Brigitte qui est cité en exemple par le très respecté quotidien de Melbourne : The Age. Lassé d’être obligé de truquer les photos pour faire paraître les mannequins moins maigrichonnes, l’hebdomadaire allemand qui existe depuis 1954 et compte la bagatelle de 3 millions de lecteurs sest décidé à ne plus utiliser de mannequins professionnels à partir du début de cette année. Rappelant que ces dernières pèsent en moyenne 23% de moins que la femme de la rue. La rédaction a lancé un appel à ses lectrices pour se substituer aux pros et a reçu 25 000 réponses. 

Mais il ne faudrait pas en conclure pour autant, que linitiative de Brigitte a été unanimement applaudie. Ici et là les critiques ont fusé, entre les magazines concurrents qui nont vu là quun moyen de relancer une diffusion en perte de vitesse, ou ceux qui ont trouvé les lectrices devenues mannequins trop minces et trop jolies pour représenter la réalité quotidienne. Mais ainsi que le souligne The Age, cette initiative est peut-être lun des signes précurseurs de changements dans une industrie de la mode qui na que trop largement contribué depuis au moins une quinzaine dannée, à passer insidieusement à 95% dentre nous, le message que notre apparence physique n’était pas adéquate. Et rien que pour ça, on dit merci à Brigitte. D’ailleurs, je me demande si je ne vais pas leur envoyer une petite photo emoticone. Pour celles qui seraient tentées par l’expérience, voici le lien pour s’inscrire. Notions de langue allemande recommandées emoticone.

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Les bons et mauvais sorts d’une petite sorcière comblée (chroniques d’Oz, chapitre 1)

Lundi 25 janvier 2010

Il y a des jours où je ne regrette pas davoir sauté de mon lit en pleine forme. Des jours comme celui de la semaine dernière, ou un gentil monsieur en livrée noire et blanche a gratté à la porte de ma chambre dhôtel avec les journaux du matin et un petit paquet bien emballé. Jai joyeusement déchiré lemballage pour découvrir le délicieux petit cadeau que mavait envoyé mon amie Australienne, qui habite à Adelaïde, trop loin de Melbourne où je suis pour deux semaines et demi, pour venir me le remettre en mains propres. Il s’agit du tarot Sorcière, Charmes et Sortilèges de Gilian Kemp.

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Je connaissais ce jeu depuis longtemps et je dois reconnaître que je le lorgnais avec une envie enfantine emoticone, sans pouvoir me résoudre à lacheter. Trop « teenage witch » pour figurer dans ma collection de tarots et ora cles « sérieux » emoticone. Mais maintenant que quelquun a eu la gentillesse de me loffrir, je men sers tous les jours ! Les cartes sont vraiment mimis et comme dans The Goddess oracle dont je parlais récemment en raison de ses rituels, jadore le fait quil y ait un petit sortilège sur chaque carte. Même si c’est surtout pour le fun et que beaucoup d’entre eux ne correspondent pas exactement à mon éthique.

Le jeu est assez simple à utiliser et reflète son titre, bonne sorcière, mauvaise sorcière, avec des lames positives et d’autres plus sombres. Dans les faits, ce nest pas aussi blanc/noir que cela, et en dépit de leur simplicité, leur signification apporte vraiment quelque chose. Je lai utilisé pour mes tirages dune carte du matin, mais je nai jamais effectué de tirage plus complexe avec. Le tirage du chaudron qui est proposé au début du livret me semble assez tentant, mais je serais plutôt tentée de l’essayer avec l’un des jeux avec lesquels je me sens particulièrement en phase, comme Wisdom of Avalon.

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PS: Ah oui j’oubliais, OZ est le diminutif dont les Australiens affublent parfois pour nommer leur pays. D’où le nom des chroniques que je débute aujourd’hui emoticone à la veille de leur fête nationale.

Dans les coulisses de la cinquième avenue, avec Candace Bushnell

Mercredi 20 janvier 2010

Je viens de terminer le dernier livre de Candace Bushnell, Cinquième avenue. Et je l’ai dévoré comme tous les précédents, depuis Sex and the city. Celui-ci tire le portrait d’une galerie de personnages particulièrement truculents, gravitant tous autour d’un immeuble huppé de la fameuse cinquième avenue, épine dorsale de Manhattan.

C’est toujours un délice de lire du Candace Bushnell, sur l’oeuvre de laquelle je m’étais déjà penchée dans mon post estival consacré à la littérature des poulettes, ainsi que lors d’une présentation de Cinquième avenue en présence de l’auteur, à laquelle j’avais eu la chance d’assister à Miami. Dans ce dernier ouvrage, un paragraphe, prononcé par une vieille dame à l’esprit vif comme le vent m’a laissée pensive: « Payez-le décemment et faite-le travailler très dur. Comme ça il n’aura plus le temps d’écrire autre chose à côté. Mais ne le payez pas suffisamment pour qu’il puisse mettre de l’argent de côté et démissionner. Donnez-lui une mutuelle et des avantages. Transformez le en robot d’entreprise et vous n’aurez jamais plus à vous soucier de lui. »

Conseil judicieux de l’astucieuse vieille dame pour aider une voisine à sécher la plume d’un petit intriguant malveillant en quête de ragots, le processus demeure pourtant à méditer pour la très grande part d’entre nous qui vivont d’un salaire.

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Jeux de Déesses

Vendredi 8 janvier 2010

Les tarots n’ont jamais été une folle passion pour moi, mais depuis un ou deux ans, je me suis tout de même découvert un petit point faible dans un domaine précis: les oracles de Déesses. Et au fil de mes voyages ou de la générosité du père Noël emoticone, j’en ai glané trois que j’aime particulièrement.

Godessses of the new light: d’autant plus désirable que particulièrement difficile à trouver. Je connais même une femme qui se l’est acheté en allemand tellement elle en avait envie!  Comme beaucoup, j’ai flashé sur ce tarot, parce queje trouvais les images particulièrement belles. Avec une petite préférence pour Sige, qui a même été choisie comme bannière du forum Lunes Entrecroisées. Le livret est simple et pratique, avec un rappel sur la mythologie autour de la Déesse concernée et la signification de la carte dans un tirage.

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Goddess guidance oracle cards: Niché dans une petite boîte très pratique qui peut facilement se glisser dans une valise pour les vacances, je possède cet oracle depuis un an et je l’utilise très régulièrement. J’aime beaucoup l’arc en ciel de couleurs dans lequel se présentent les lames. Un turquoise pâle pour Maat, un violet grisé pour Rhiannon ou encore un vert pour Athena… Les images sont lumineuses et très inspirantes et le choix des Déesses, judicieux. Dans le livret, la signification de chaque carte est appronfondie, à travers le message que la Déesse nous envoie et un diverses hypothèses sur la signification de l’apparition de la carte dans un tirage.

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The Goddess oracle: mon petit dernier. En le découvrant, j’ai trouvé dans un premier temps les images moins séduisantes que celles des deux autres oracles, et surtout moins que la couverture du coffret, que j’adore. L’interprétation des cartes en revanche, m’a séduite. Si certains concepts sont un peu trop récurrents à mon goût, j’apprécie par contre énormément la suggestion de méditation ou de rituel qui accompagne chaque Déesse. Cela donne une dimension très concrète au tirage, avec une action immédiate.

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Il m’arrive également de tirer avec d’autres oracles ou tarots comme Wisdom of Avalon, ou the Druid, mais je trouve un plaisir particulier à tirer une carte représentant une Déesse. Un peu comme lorsque j’utilise les deux jeux de Monique Grande autour des archétypes féminins, Féminitude et Féminilune. Souvent, je les utilise en tirant simplement une carte le matin, pour me donner la note de la journée ou ce que je dois avoir en tête ce jour-là. Mais il m’est arrivé d’effectuer des tirages plus complexes, pour répondre à une question plus précise. Dans ces cas-là, il m’arrive de créer le tirage moi-même, en choisissant à l’avance la signification des cartes par rapport à la situation donnée. Par exemple, la première carte est l’archétype féminin (ou la Déesse) qui me retient dans le passé ou qui me bloque, la deuxième celle que je devrais écouter ou celle qui me guide, et la troisième, celle vers laquelle je dois me diriger. Et cette méthode donne dans l’ensemble, des résultats très satisfaisants.

Avatar, en plein trip païen et chamanique

Mardi 29 décembre 2009

Avec un message de respect de la nature, un peuple de la forêt aux traditions chamaniques maniant la magie dans l’éthique au service de la vie, Avatar danse depuis bientôt deux semaines comme un rituel familier dans les pupilles des païens de
la planète. Et James Cameron, son réalisateur à l’audace novatrice, n’en est peut-être pas conscient mais un païen rugit dans ses entrailles. Douze ans après la sortie de Titanic, qui révolutionna la conception du long métrage à Hollywood, le metteur en scène américain est revenu aux affaires avec un film encore plus cher et encore plus spectaculaire. Mais grâce à l’adhésion massive des spectateurs depuis la sortie mondiale d’Avatar le 16 décembre, il semble que les quelque 600 Millions de $ qu’ont coûté ces 162 mn d’intense expérience cinématographique à vivre obligatoirement en Imax et en 3D, ont déjà passé le seuil fatidique de
la rentabilité. En tête du box office dans 107 pays, nominé pour le Golden Globe du meilleur film, Avatar est le film évènement des derniers jours de cette année charnière. 

Pour ceux et celles qui auraient échappé à la… « titanique » campagne promotionnelle ou hésiteraient encore à se traîner jusqu’au plus proche Imax, ce dossier  sur le site du magazine Première donne les infos incontournables sur le film. Personnellement, j’ai acheté mon ticket sans m’être documentée et je ne regrette rien. Seize ans après l’opération coup de poing orchestrée par Steven Spielberg avec Jurassic Park, James Cameron a projeté le septième art dans une nouvelle ère technologique. Avec en prime, un message dans lequel les spiritualités terriennes du monde entier pourront se reconnaître.

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La multiplication de l’almanach par l’étourdie de Yule

Mercredi 23 décembre 2009

Dans la vie de tous les jours, je suis plutôt du genre organisée… façon G.O Club Med emoticone. Je suis souvent celle vers laquelle on se tourne pour savoir quel atelier on est censées attaquer et dans quel ordre emoticone, celle qui organise le circuit pour les vacances, choisit les hôtels ou établit la liste de survie pour le pique nique emoticone.

Mais de temps à autre, je bascule brièvement en mode artiste-rêveuse étourdie emoticone. C’était probablement le cas la semaine dernière lorsque j’ai passé ma commande Amazon.com, pour qu’elle me soit livrée avant Yule et pendant mon séjour aux Etats-Unis. Depuis ma retraite floridienne, j’attendais chaque jour l’arrivée du carton qui contenait quelques cadeaux, un bouquin pour moi et enfin le Witches Datebook 2010, commande spéciale d’une soeur des éléments emoticone.

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Pour tromper mon impatience, j’ai effectué une petite descente chez Borders, le cousin américain de la FNAC. Là bas, je tombe sur le Witches Companion 2010, l’un des almanachs publiés par Lewellyn (c’est juré, je n’ai pas d’actions chez eux). En le feuilletant devant un chocolat bien mousseux, je découvre tout un tas d’articles intéressants. Il s’y trouve des idées pour créer des rituels dans un petit espace, des ressources pour concocter un e-altar, conseils et réflexions autour de la pratique solitaire, comme sur les sorcières chamaniques et tantriques, même un essai autour de la magie et de la science et des suggestions pour créer des colliers de prière avec noeuds et perles (là, je sens que ma SP adorée a levé le sourcil emoticone).

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Tout cela pour dire que j’ai décidé que ce petit volume valait bien les $9,99 qu’en demandait l’éditeur (OK j’avoue, j’avais un bon de réduction de 30% emoticone). Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque le lendemain j’ai enfin reçu mon colis amazon et qu’en l’ouvrant j’y ai découvert… le Witches Comapnion 2010… emoticone Et pas de Datebook! J’avais confondu en lançant la commande en mode Atalanta-créatrice rêveuse (pas de panique Eléo, j’ai déjà échangé mon surplus de contre un exemplaire du Witches Datebook 2010 emoticone). 

Morale de cette mésaventure, il semble que cet almanach avait décidé de se frayer un chemin jusqu’à moi et qu’il avait certainement ses raisons. Cela valait bien un petit post, parce qu’à mon avis, je ne serai pas la seule à me plonger dans tous ces articles avec intérêt.

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